Archive for 25 juillet 2012

Module 1 / Langue: Exercices sur les temps du récit et leurs corrections

les temps du récitModule 1 / Langue: Exercices sur les temps du récit et leurs corrections

Exercice 1 :

Dans ce texte, mettez au passé simple ou à l’imparfait les verbes donnés à l’infinitif et justifiez votre choix.

En approchant de son usine, le père Sorel (appeler) Julien de sa voix de stentor1 ; personne ne (répondre). Il ne (voir) que ses fils aînés, espèces de géants qui, armés de lourdes haches, (équarrir2) les troncs de sapin qu’ils (aller) porter à la scie. Tout occupés à suivre exactement la marque noire tracée sur la pièce de bois, chaque coup de leur hache en (séparer) des copeaux énormes. Ils n’(entendre) pas la voix de leur père. Celui-ci se (diriger) vers le hangar ; en y entrant, il (chercher) vainement Julien à la place qu’il aurait dû occuper, à côté de la scie. Il l’(apercevoir) à cinq ou six pieds plus haut, à cheval sur l’une des pièces de la toiture. Au lieu de surveiller attentivement l’action de tout le mécanisme, Julien (lire). Rien n’était plus antipathique3 au vieux Sorel ; il eût peut-être pardonné à Julien sa taille mince, peu propre aux travaux de force, et si différente de celle de ses aînés ; mais cette manie de lecture lui (être) odieuse, il ne (savoir) pas lire lui-même. Ce (être) en vain qu’il (appeler) Julien deux ou trois fois. L’attention que le jeune homme (donner) à son livre, bien plus que le bruit de la scie, l’(empêcher) d’entendre la terrible voix de son père.

Exercice 2 :

Dans les phrases suivantes, dites à quels temps sont les verbes conjugués à la première personne.

Ayant sautillé quelques pas […], je lavai le linge de mon éraflure devenue plaie.

Je voyais dans un lointain indéterminé.

Je me levai néanmoins avec l’intention de faire ma cour à l’aurore.

Je chantonnais la romance de l’infortuné Cazotte.

Exercice 3 :

Dans le texte suivant, compétez la terminaison des verbes par –ai ; -ais

A peine arriv____-je, je me laiss____ choir, et les singulières créatures s’empressèrent de me secourir. Une jeune femme en haillons, vive, brune, mutine, chantait, sautait, tournait, […] puis elle s’asseyait sur ses talons tout contre moi, […] prenait ma main mourante pour me dire la bonne aventure, en me demandant un petit sou ; c’était trop cher. […]Lorsque, à l’aube, je sortis de mon engourdissement, je ne les trouv ____ plus. Ma bonne aventurière s’en était allée avec le secret de mon avenir. En échange de mon petit sou, elle avait déposé à mon chevet une pomme qui servit à me rafraîchir la bouche. Je me secou _____ comme Jeannot Lapin parmi le thym et la rosée ; mais je ne pouv ____ ni brouter ni trotter, ni faire beaucoup de tours.

Exercice 4 :

Mettez les verbes entre parenthèses au passé simple.

Le prêtre (regarder) tout autour de lui et il (répondre) d’une voix que je (trouver) soudain très lasse. Toutes ces pierres suaient la douleur et je ne les (regarder) jamais sans angoisse. Je le (chercher) en vain, maintenant c’était fini. Il se (lever) à ce mot et m’(encourager) à poursuivre mon idée. Nous (marcher) longtemps sur la plage. J’(avoir) l’impression que je ne savais pas où j’allais. Là, nous (trouver) nos deux ennemis.

Exercice:

Mettez les verbes entre parenthèses au passé simple puis à l’imparfait.

Hugues se (pincer) les doigts dans la porte. Nous (commencer) notre travail. Vous (effacer) des taches. Les ouvriers (percer) une tôle. Vous (remplacer) une vitre cassée. L’avocat (défendre) les accusés. Vous (ouvrir) la fenêtre. Les gelées (durcir) la terre. Le vent (gonfler) les voiles. Les nuages (obscurcir) le ciel. L’aigle (foncer) sur le chamois. Le cyclone (saccager) les cultures. Les mariniers (draguer) le fleuve. Dans la brume, nous (distinguer) les tours du château. Le joueur de tennis (attaquer) au filet.

Exercice 6 :

Mettez les verbes entre parenthèses à l’imparfait puis au passé simple.

Je (vouloir) réussir. Tu (parvenir) au sommet de la colline. Le bateau (parvenir) à éviter l’écueil. Nous (parcourir) la ville en tous sens. On (connaître) la réponse. Vous (convenir) de votre erreur. Les enfants (lire) un passage amusant. L’avion (disparaître) à l’horizon. Je (se maintenir) en bonne santé par la pratique des sports. Le policier (apercevoir) une silhouette.

Correction des exercices sur les temps du récit:

Exercice 1

En approchant de son usine, le père Sorel appela Julien de sa voix de stentor1 ; personne ne répondit. Il ne vit que ses fils aînés, espèces de géants qui, armés de lourdes haches, équarrissaient les troncs de sapin qu’ils allaient porter à la scie. Tout occupés à suivre exactement la marque noire tracée sur la pièce de bois, chaque coup de leur hache en séparait des copeaux énormes. Ils n’entendirent pas la voix de leur père. Celui-ci se dirigea vers le hangar ; en y entrant, il chercha vainement Julien à la place qu’il aurait dû occuper, à côté de la scie. Il l’aperçut à cinq ou six pieds plus haut, à cheval sur l’une des pièces de la toiture. Au lieu de surveiller attentivement l’action de tout le mécanisme, Julien lisait. Rien n’était plus antipathique3 au vieux Sorel ; il eût peut-être pardonné à Julien sa taille mince, peu propre aux travaux de force, et si différente de celle de ses aînés ; mais cette manie de lecture lui était odieuse, il nesavait pas lire lui-même. Ce fut en vain qu’il appela Julien deux ou trois fois. L’attention que le jeune homme donnait à son livre, bien plus que le bruit de la scie, l’empéchait d’entendre la terrible voix de son père.

Exercice 2 :

  1. Passé simple.
  2. Imparfait
  3. Passé simple.
  4. Imparfait.

Exercice 3 :

A peine arrivais-je, je me laissai choir, et les singulières créatures s’empressèrent de me secourir. Une jeune femme en haillons, vive, brune, mutine, chantait, sautait, tournait, […] puis elle s’asseyait sur ses talons tout contre moi, […] prenait ma main mourante pour me dire la bonne aventure, en me demandant un petit sou ; c’était trop cher. […]Lorsque, à l’aube, je sortis de mon engourdissement, je ne les trouvai plus. Ma bonne aventurière s’en était allée avec le secret de mon avenir. En échange de mon petit sou, elle avait déposé à mon chevet une pomme qui servit à me rafraîchir la bouche. Je me secouai comme Jeannot Lapin parmi le thym et la rosée ; mais je ne pouvais ni brouter ni trotter, ni faire beaucoup de tours.

Exercice 4 :

Le prêtre regarda tout autour de lui et il répondit d’une voix que je trouvai soudain très lasse. Toutes ces pierres suaient la douleur et je ne les regardai jamais sans angoisse. Je le cherchai en vain, maintenant c’était fini. Il se leva à ce mot et m’encouragea à poursuivre mon idée. Nous marchâmes longtemps sur la plage. J’eus l’impression que je ne savais pas où j’allais. Là, nous trouvâmes nos deux ennemis.

Exercice 5 :

Hugues se pinça / pinçait les doigts dans la porte. Nous commençâmes / commencions notre travail. Vous effaçâtes / effaciez des taches. Les ouvriers percèrent / perçaient une tôle. Vous remplaçâtes / remplaciez une vitre cassée. L’avocat défendit / défendait les accusés. Vous ouvrîtes / ouvriez la fenêtre. Les gelées durcirent / durcissaient la terre. Le vent gonfla / gonflait les voiles. Les nuages obscurcirent / obscurcissaient le ciel. L’aigle fonça / fonçait sur le chamois. Le cyclone saccagea / saccageait les cultures. Les mariniers draguèrent / draguaient le fleuve. Dans la brume, nous distinguâmes / distinguions les tours du château. Le joueur de tennis attaqua / attaquait au filet.

Exercice 6 :

Je voulais / voulus réussir. Tu parvenais / parvins au sommet de la colline. Le bateau parvenait / parvint à éviter l’écueil. Nous parcourions / parcourûmes la ville en tous sens. On connaissait / connut la réponse. Vous conveniez / convîntes de votre erreur. Les enfants lisaient / lurent un passage amusant. L’avion disparaissait / disparut à l’horizon. Je me maintenais / maintins en bonne santé par la pratique des sports. Le policier apercevait / aperçut une silhouette.

 

Les temps du récit et leurs valeurs


temps de récit

Module 1/Langue: Les temps du récit

et leurs valeurs - ImparfaitPassé simplePlus-que-parfaitPassé antérieur

La valeur des temps du récit

1-L’imparfait:

C’est le temps du passé qui présente l’action comme en train de se réaliser. Au

moment de l’événement, l’action est déjà commencée et n’est pas encore terminée.

Elle est envisagée dans la durée, et n’est pas délimitée dans le temps.

Dans un énoncé au passé, il sert de toile de fond du récit. Il est employé pour la

description ou le commentaire. Ex: Pierre devait avoir peur: il tremblait et haletait.

Quand plusieurs verbes à l’imparfait se suivent, leurs actions sont perçues comme

simultanées. Ex: Les uns jouaient aux billes, les autres se battaient et tous criaient à

qui mieux mieux.

L’imparfait peut être employé avec les valeurs suivantes:

L’imparfait de durée: Ex: Depuis des mois, la neige recouvrait les champs.

L’imparfait à valeur de futur dans le passé. Ex: Le lendemain, il se cassait la jambe.

L’imparfait de répétition ou d’habitude. Ex: Elle buvait du café au petit-déjeuner.

L’imparfait d’hypothèse. Ex: Si vous écoutiez, vous comprendriez.

L’imparfait de narration. Ex: Après un dernier effort, il franchissait la ligne

d’arrivée.

L’imparfait de politesse. Ex: Je voulais vous demander un renseignement.

L’imparfait à valeur d’irréel. Ex: A un numéro près, il gagnait le gros lot.

2-Le passé simple

C’est un temps du récit qui présente l’action comme achevée et limitée dans le

temps. Ex: La guerre de Cent Ans dura de 1337 à 1453. Dans un récit au passé il

décrit les actions de premier plan. Il présente une action passée comme révolue.

Quand plusieurs verbes au passé simple se suivent, leurs actions sont perçues comme

successives. Ex: Il ouvrit la porte, entra, s’assit et se mit à écrire.

C’est un temps uniquement littéraire, qui peut exprimer:

La brièveté. Ex: Un éclair zébra le ciel.

La durée. Ex: Il vécut une retraite heureuse.

La répétition. Ex: Il se leva dix fois durant la nuit.

3-Le plus-que-parfait

Il situe une action dans le passé. Il a deux valeurs fondamentales:

Il exprime l’accompli par rapport à l’imparfait. Ex: Il exultait: il avait enfin atteint son

but.

Il indique l’antériorité par rapport à une autre action passée. Ex: Quand on avait été

sage, on recevait une image.

Il indique qu’une action est envisagée dans la durée. Ex: Il avait lutté des heures

durant.

Il exprime l’hypothèse dans le passé. Ex: Si j’avais su, je ne serais pas venu.

4-Le passé antérieur.

Il ne se se rencontre qu’à l’écrit.

Il indique l’antériorité par rapport à une autre action passée. Ex: Quand il eut fini son

livre, il se coucha.

Il présente l’action comme achevée et limitée dans le temps. Ex: Dès que le rideau

fut tombé, le comédien quitta la scène.

Module 4: le poème ‘Barbara’ de Jacques Prévert ( explication 2 )

Module 4: le poèmeBarbara’ de Jacques Prévert ( explication 2 )

Parmi les modules de tronc commun, le poème Barbarabarbara

La poésie Barbara est extraite de Paroles, paru en 1946.
C’est un texte de circonstances qui se réfère aux 165 bombardements de la ville de Brest entre le 19 juin 1940 et le 18 septembre 1944. La destruction complète de la ville inspire une réflexion pessimiste sur l’amour et la vie.

I/ Une poésie de circonstances et un poème d’amour 

1/ Une chanson populaire

Il s’agit en réalité d’une rengaine écrite dans un style familier avec des répétitions et des reprises.
Comme dans une chanson, on trouve un refrain et le poète s’adresse à une personne ; le thème général est celui d’une chanson. La nostalgie du bonheur passé est une résurgence des souvenirs (= retour brutal).

2/ Un cœur des rues

Le paysage est familier et il évoque la rue de Siam (ancien pays d’Asie, actuelle Thaïlande), le bateau d’Ouessant (île au large de Brest avec un phare). Ces noms propres sont ancrés dans la vie quotidienne des Bretons.
Barbara, avec son sourire et sa beauté, représente la femme en général et son apparition lumineuse, soulignée par les trois adjectifs du vers 4, repris en chiasme au vers 27, contraste avec la banalité morose.
Le personnage jaillit brutalement au vers 18 et les syllabes de son nom au vers 19 forment un cri. Cette rencontre amoureuse est très simple : c’est le croisement de deux sourires et l’échange de regards inconnus.
La reprise des trois adjectifs du vers 21 a aussi pour fonction de traduire l’émotion du jeune amoureux.
3/ Un amour rayonnant
Le poète est témoin de la scène et il prend parti pour les amoureux, comme le montre le tutoiement de proximité utilisé avec insistance depuis le début.
Cette communion du poète avec les jeunes amants fait partie de la thématique prévertienne comme par exemple dans le poème « Les enfants qui s’aiment ».
L’anaphore « Rappelle-toi Barbara » traduit cette complicité mais le rayonnement de l’amour est si puissant qu’il transfigure la nature elle-même à partir du vers 31 : l’image de la pluie n’est plus la banale représentation du climat océanique mais l’expression du bonheur amoureux qui inonde de sa force toute la nature.
Ce bonheur tranquille s’impose avec le ralentissement du rythme aux vers 31, 32, 33, 34, 35 et 36 qui culmine avec « Ouessant » (vers 36).
Pourtant, dès ce passage est introduite une note inquiétante au vers 35 : « l’Arsenal », « dépôt d’armes ». Peu à peu, le poème va se renverser.
II/ Un cri de colère 

1/ L’irruption du mal

Le basculement se fait au vers 37 avec un cri de douleur beaucoup plus rauque que tendre.
La guerre fait irruption dans le bonheur amoureux et le ton change.
La familiarité du début s’efface.

2/ Le procès de la guerre

Le poète s’indigne contre la guerre qui détruit l’amour et la condamnation anti-militariste s’exprime avec une violence inouïe (= jamais vue) dans la langue française puisque le poète n’hésite pas à employer un vocable argotique, par définition anti-poétique.
Le langage courant est impuissant à traduire la révolte des cœurs purs. Le poète reprend ensuite ses esprits et fait passer son émotion par des moyens plus classiques telle que l’accélération du rythme aux vers 48 et 49.
L’éloquence pathétique (pathos : l’émotion) se fonde de nouveau sur la métamorphose de l’image de la pluie qui reprend une apparence classique, celle du déluge destructeur.
Le principal crime de la guerre aux yeux du poète est de séparer les amants.

III/ Un message pessimiste 

1/ Un spectacle désespéré

Au-delà du drame amoureux, le spectacle des ruines de Brest, transformé en paysage de cauchemar, désespère le poète.
En effet, la guerre cesse mais elle laisse des stigmates dans le cœur des hommes.
Ce désespoir s’exprime par une métaphore et une comparaison. La métaphore se situe au vers 50 et n’est pas originale pour désigner la violence et le malheur (l’orage) car elle s’applique à la pluie. La comparaison est celle des nuages avec des chiens : on note le terme « crever » (= s’ouvrir en s’éclatant) qui n’est pas du tout de guerre : il s’applique d’ailleurs aux animaux.

2/ La mort est plus forte que l’amour

Le désespoir est philosophique : le dernier mot du texte (« rien ») illustre le triomphe du néant et de la mort comme le verbe « pourrir » (vers 56).
Le désespoir prend des actions tragiques : les pièges du destin cruel se sont refermés inexorablement (= sans possibilité de retour).

Conclusion

Dans le poème Barbara, l’amour a la capacité d’engendrer autour de lui un environnement positif. Le paysage devient le miroir du bonheur mais aussi du malheur. Ce poème a des apparences de la facilité d’une chanson populaire. En réalité, il dénote une sensibilité à vif, un jeu subtil sur le pathétique.
Le poète atteint son objectif avec fort peu de moyens puisque le poète n’a recours qu’à une seule image : la pluie. C’est ainsi qu’il parvient à dénoncer avec force les horreurs de la guerre.

 

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